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Particularités alimentaires dans l’autisme : repérage clinique, évaluation fonctionnelle et stratégies d’accompagnement

Publié le 24/04/2026 - Modifié le 20/07/2026

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Vous observez une sélectivité importante, des refus alimentaires ou une anxiété lors des repas ? 

Cette page vous apporte des repères cliniques pour analyser ces situations, structurer votre évaluation et adapter vos interventions dans une approche coordonnée. 

Fiche réalisée avec le concours du Centre de ressources autisme Rhône-Alpes. 

Suis-je concerné ? 

Vous êtes concerné si vous observez chez une personne accompagnée l’une ou l’autre de ces spécificités : 

  • un répertoire alimentaire très restreint, 
  • des crises ou des refus qui surviennent souvent au moment du repas,
  • une dépendance à des routines alimentaires strictes, 
  • une hypersensibilité ou hyposensibilité sensorielle, 
  • des refus liés à la texture, la couleur ou l’odeur, 
  • une anxiété importante ou des comportements d’évitement pendant les repas, 
  • des difficultés de mastication ou de déglutition. 

 Ces manifestations peuvent s’inscrire dans des profils très variés et nécessitent une analyse individualisée.  

Comprendre l’essentiel 

Les particularités alimentaires sont fréquentes dans l’autisme, avec une prévalence élevée de la sélectivité alimentaire. 
Elles ne relèvent pas d’un trouble du comportement alimentaire classique, même si des comorbidités sont possibles (anorexie, boulimie, ARFID). 
Elles traduisent un fonctionnement neurodéveloppemental spécifique, impliquant plusieurs dimensions. 

Particularités sensorielles 

Les profils sensoriels atypiques jouent un rôle central. 

Les personnes autistes peuvent présenter une hyperréactivité ou une hyporéactivité aux stimuli sensoriels : 

  • goût (intensité, sélectivité des saveurs), 
  • texture (refus du mou, du granuleux, du croquant), 
  • odeur (réactions d’évitement), 
  • visuel (couleur, forme, organisation spatiale), 
  • auditif (bruits de mastication).

Ces éléments peuvent générer un évitement alimentaire ou des stratégies de contrôle. 

Rigidité cognitive et besoin de prévisibilité 

La néophobie alimentaire est fréquente et s’inscrit dans un besoin de stabilité. 

Elle peut se manifester par : 

  • un répertoire alimentaire restreint, 
  • une rigidité sur les marques, textures ou présentations, 
  • une intolérance à la variation. 

Les rituels alimentaires permettent de réduire l’incertitude et de maintenir un sentiment de contrôle. 

Cohérence centrale et traitement perceptif 

Les difficultés de cohérence centrale peuvent altérer la reconnaissance des aliments. 
Un aliment peut être refusé si sa forme ou sa présentation diffère, même si sa nature est identique. 

Intéroception et régulation interne 

Les difficultés d’intéroception peuvent altérer la perception de la faim et de la satiété. 
Elles contribuent à des conduites alimentaires atypiques, parfois désorganisées. 

Motricité orale 

Des troubles de la mastication et de la déglutition peuvent limiter la diversité alimentaire.
Elle peut également entraîner des stimulations très intenses lors de la digestion, donc un inconfort et dans ce cas un refus de manger.  
Ils peuvent également augmenter le risque de fausses routes. 

Facteurs environnementaux et sociaux 

Les repas collectifs constituent une charge sensorielle et sociale importante. 
Bruit, interactions et imprévisibilité peuvent majorer l’évitement ou les comportements de retrait. 
Votre posture est essentielle. 

Restez patient, bienveillant et attentif aux signes de douleur ou d’inconfort. 

Conséquences et points de vigilance 

Les conséquences de peuvent être multiples. 

Conséquences possibles sur le plan somatique : 

  • carences nutritionnelles, 
  • dénutrition, 
  • surpoids ou obésité (notamment sous traitement médicamenteux). 

Conséquences possibles sur le plan psychopathologique : 

  • troubles du comportement alimentaire, 
  • ARFID, 
  • PICA. 

Conséquences possibles sur le plan fonctionnel : 

  • anxiété majeure lors des repas, 
  • évitement des situations sociales, 
  • dépendance accrue. 

Structurer une intervention adaptée et individualisée. 

Évaluation multidimensionnelle 

L’évaluation doit être globale et intégrative. 

Elle inclut différentes dimensions : 

  • analyse du répertoire alimentaire, 
  • évaluation sensorielle, 
  • observation des comportements en situation, 
  • repérage des troubles somatiques (digestifs notamment), 
  • analyse des fonctions exécutives impliquées (planification, flexibilité). 

Cette évaluation permet de formuler des hypothèses fonctionnelles. 

Approche pluridisciplinaire 

L’accompagnement repose sur une coordination des acteurs. 

Chaque professionnel intervient selon son champ de compétences : 

  • médecin : état nutritionnel, diagnostics associés, 
  • diététicien : équilibre alimentaire, 
  • orthophoniste / ergothérapeute : oralité, sensoriel, 
  • psychologue : anxiété, comportements. 

Adaptation de l’environnement 

L’environnement constitue un levier thérapeutique majeur. 

Il convient de : 

  • réduire les stimulations sensorielles, 
  • structurer l’espace et le temps du repas, 
  • proposer des supports visuels (menus, pictogrammes). 

Exposition alimentaire progressive 

L’introduction alimentaire suit une progression hiérarchisée. 

Étapes possibles : 

  • tolérance de la présence de l’aliment, 
  • exploration sensorielle, 
  • contact oral, 
  • ingestion partielle puis complète. Il est possible à cette étape de s’appuyer sur les aliments appréciés de la personne pour faciliter l’ingestion. La taille de l’aliment joue une importance majeure : pour laisser la personne en confiance, il est possible de commencer par une miette de l’aliment nouveau.  

L’objectif est de désensibiliser progressivement sans générer d’opposition. 

Ritualisation et structuration 

La prévisibilité est un facteur clé. 
La mise en place de routines et de plannings permet de réduire l’anxiété et d’augmenter l’engagement. 

Posture professionnelle 

La posture conditionne l’efficacité des interventions. 
Elle repose sur : 

  • absence de contrainte, 
  • valorisation des progrès, 
  • respect du rythme, 
  • observation des signaux faibles. 

Utilisation de renforçateurs 

Les renforçateurs peuvent être mobilisés de manière encadrée. 

Leur utilisation doit rester : 

  • ponctuelle, 
  • proportionnée, 
  • compatible avec les objectifs nutritionnels. 

À qui m’adresser ? 

La prise en charge nécessite une coordination étroite entre : 

  • secteur sanitaire, 
  • secteur médico-social, 
  • entourage familial. 

La cohérence des interventions est essentielle pour éviter les contradictions et favoriser les progrès. 

À retenir

Les particularités alimentaires dans l’autisme sont fréquentes et multifactorielles 
Elles impliquent des dimensions sensorielles, cognitives, motrices et environnementales 
L’évaluation doit être globale et individualisée 
L’accompagnement repose sur une exposition progressive, une adaptation de l’environnement et une coordination pluridisciplinaire 

Ressources complémentaires

  • Vidéo Surpoids obésité chez la personne avec TSA – APHP :  
  • Vidéo Alimentation CHU Sainte-Justine :  
  • Vidéo TSA et alimentation toutes nos différences :  
  • Vidéo EDI formation sélectivité alimentaire :  
  • Vidéo de Joseph Schovanec au sujet de l’alimentation :  

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