Accompagner un enfant avec un TND au collège : démarches, aménagements et dispositifs

Publié le 26/05/2026 - Modifié le 29/05/2026

Votre enfant entre au collège et présente un trouble du neurodéveloppement (TND) : autisme, TDAH, trouble dys, trouble du développement intellectuel ou syndrome de Gilles de la Tourette

Le collège change fortement le quotidien : nouveaux lieux, plusieurs enseignants, emploi du temps variable, règles différentes. 

Cette page vous aide à préparer l’inscription, demander les bons aménagements et identifier les interlocuteurs utiles. 

Suis-je concerné ? 

Cette page vous concerne si vous accompagnez un enfant ou un adolescent avec un trouble du neurodéveloppement. 

Elle peut vous être utile si votre enfant entre en 6e, change de collège ou rencontre des difficultés dans sa scolarité. 

Elle concerne aussi les familles qui préparent une orientation vers un dispositif adapté, comme l’Ulis, l’autorégulation, la SEGPA ou un établissement médico-social. 

Comprendre l’essentiel 

L’arrivée au collège peut être une étape importante pour un élève avec un TND. 
Le fonctionnement du collège diffère de celui de l’école primaire. L’élève change de salle, d’enseignant et de rythme au cours de la journée. 

Ces changements peuvent créer de la fatigue, de l’anxiété ou des difficultés d’organisation. 
Pour aider votre enfant, vous pouvez préparer cette transition avec le collège, l’équipe éducative et les professionnels qui l’accompagnent. 

Mes démarches / comment faire 

Étape 1 – Inscrire votre enfant au collège 

L’inscription se fait dans le collège de secteur. 

Si besoin, vous pouvez demander une dérogation avant l’inscription. Cette demande s’adresse au directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen). Cette dérogation peut permettre une affectation dans un autre collège, si celui-ci répond mieux aux besoins de votre enfant. 

Pour une scolarisation dans un collège privé, contactez directement l’établissement. 

Étape 2 – Prendre rendez-vous avec le chef d’établissement 

Après l’inscription, demandez un rendez-vous avec le chef d’établissement. 
Ce rendez-vous permet de présenter la situation de votre enfant, ses besoins et les aménagements déjà mis en place. 

Vous pouvez transmettre les documents utiles pour mieux faire connaître son fonctionnement. 

Ces documents peuvent être : 

  • le Guide d’évaluation des besoins de compensation en matière de scolarisation (GEVA-Sco), 
  • le projet personnalisé de scolarisation (PPS), en cas de situation de handicap, 
  • le plan d’accompagnement personnalisé (PAP), en cas de troubles des apprentissages, 
  • le programme personnalisé de réussite éducative (PPRE), en cas de difficultés scolaires, 
  • le projet d’accueil individualisé (PAI), en cas de pathologie chronique ou de particularités alimentaires, 
  • le livret de parcours inclusif (LPI), 
  • les bilans d’orthophonie, de psychomotricité, d’éducation spécialisée ou de psychologie. 

Étape 3 – Rencontrer les personnes ressources 

Le collège peut vous mettre en relation avec l’équipe éducative. 

Si votre enfant est en situation de handicap, vous pouvez aussi échanger avec l’enseignant référent du secteur (ERSEH). Ce dernier suit la scolarité des élèves en situation de handicap. 

Il est utile que votre enfant visite le collège avant ou au début de la rentrée. 
Pendant cette visite, aidez-le à repérer les lieux importants : salles de classe, vie scolaire, cantine, cour, toilettes, infirmerie. 

Il est aussi utile d’identifier les personnes ressources, notamment le conseiller principal d’éducation (CPE) et les assistants d’éducation (AED). 

Mes droits / dispositifs existants 

Le rôle de l’équipe éducative 

L’équipe éducative analyse les besoins et les compétences de votre enfant. 
Elle peut proposer un projet pédagogique adapté pour soutenir ses apprentissages. 

Pour un élève en situation de handicap, la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) rédige le projet personnalisé de scolarisation (PPS). 
Le PPS peut prévoir des aménagements pédagogiques, une aide humaine ou du matériel adapté (on parle aussi d’aides techniques). 

Les aménagements possibles en classe ordinaire 

Votre enfant peut suivre sa scolarité en classe ordinaire avec des aménagements. 

L’accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) 

Ce dernier peut l’aider à organiser son travail, comprendre les consignes, participer ou prendre des notes. 
Cette aide peut être individualisée si votre enfant a besoin d’une attention soutenue et continue. 
Elle peut aussi être mutualisée. Dans ce cas, l’AESH accompagne plusieurs élèves, en même temps ou à différents moments. 

Matériel pédagogique adapté 

Votre enfant peut aussi bénéficier de matériel pédagogique adapté : ordinateur, tablette, clé USB, logiciels, applications spécifiques ou impression de ses productions. 
L’enseignant missionné pour l’accessibilité pédagogique (EMAP) peut intervenir sur ce volet dans l’établissement. 

Les pôles d’appui à la scolarité (PAS) peuvent aussi avoir cette mission sans passer nécessairement par la MDPH. 

Une pédagogie adaptée 

Les enseignants gagnent à connaître les particularités sensorielles et cognitives de votre enfant. 
Cela permet de mieux adapter la scolarité et de réduire les situations de blocage. 

Plusieurs adaptations peuvent aider : 

  • s’adapter au mode de communication de l’élève, 
  • structurer le temps de classe, 
  • expliquer clairement les attendus, 
  • formuler des objectifs simples et mesurables, 
  • donner une consigne à la fois, 
  • planifier les étapes, 
  • proposer des pauses, 
  • prévoir un temps de répit sensoriel dans un lieu calme, 
  • permettre l’usage d’outils d’adaptation avant de chercher une compensation plus lourde. 

Une sensibilisation au trouble du spectre de l’autisme et aux autres TND peut aussi être proposée à la classe. 
Cette sensibilisation aide les élèves à mieux comprendre certaines réactions ou certains comportements atypiques. 
Elle doit rester générale et être adaptée au profil des élèves concernés dans l’établissement. 

Articuler collège et accompagnements médico-sociaux 

Le projet personnalisé de scolarisation peut tenir compte de plusieurs temps de vie. 

Il peut organiser l’articulation entre les temps d’enseignement, les temps périscolaires et les interventions psychologiques, éducatives, sociales, médicales ou paramédicales. 

Il peut aussi préciser les différents lieux concernés : collège, établissement ou service médico-social, domicile. 

Une coopération existe entre l’Éducation nationale et le secteur médico-social. 

Plus de 203 équipes mobiles d’appui à la scolarisation (Emas) contribuent à l’analyse des situations d’élèves dans les établissements scolaires. 

Les pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) renforcés et les pôles d’appui à la scolarité (PAS), en cours de déploiement, coordonnent des actions pour les élèves à besoins éducatifs particuliers. 

En savoir plus : 

[H2] Quels dispositifs si la classe ordinaire ne suffit pas ? 

L’Ulis au collège 

Votre enfant peut être scolarisé avec l’appui d’une unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis) au collège. 

Ce dispositif concerne les élèves dont les besoins ne sont pas compatibles avec une scolarisation individuelle sans appui spécifique. 
Votre enfant reste inscrit dans sa classe de référence. 

Il bénéficie aussi de temps de travail en groupe restreint, avec un enseignant spécialisé. 
Au collège, le groupe comprend au maximum 10 élèves. 

La MDPH notifie l’orientation en Ulis dans le cadre du PPS. 

À la fin du collège, plusieurs orientations sont possibles :  

  • établissement régional d’enseignement adapté (Erea),  
  • lycée d’enseignement adapté (LEA),  
  • Ulis professionnelle,  
  • Ulis en lycée général et technologique,  
  • établissement médico-social, 
  • ou centre de formation d’apprentis (CFA). 

L’autorégulation 

L’autorégulation est un dispositif scolaire qui s’applique à l’ensemble des élèves mais aussi aux enseignants favorisant ainsi : 

  • la réussite, 
  • l’estime de soi, 
  • l’inclusion des élèves avec un TND en classe ordinaire publique. 

Le dispositif aide l’élève à mieux maîtriser ses émotions et ses comportements. 

Il l’aide aussi à devenir plus autonome et à gagner en confiance dans les apprentissages. 

Quand il en ressent le besoin, l’élève peut rejoindre un espace dédié à l’autorégulation. 

Il peut y recevoir un accompagnement ponctuel et individualisé par des éducateurs spécialisés ou d’autres professionnels médico-sociaux, comme un psychologue ou des rééducateurs. 

L’équipe accompagne aussi les enseignants pour rendre leur pédagogie accessible à tous. 

 

La SEGPA 

La section d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA) peut concerner des élèves avec des troubles des apprentissages sévères. 

Ce parcours mène généralement vers une inscription en lycée professionnel ou en centre de formation d’apprentis. 


En savoir plus sur les classes Segpa 

La scolarisation en établissement médico-social 

Dans certaines situations, votre enfant peut être orienté vers l’unité d’enseignement d’un établissement ou service médico-social. 
Il peut s’agir, par exemple, d’un institut médico-éducatif (IME) ou d’un institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP). 
Votre enfant bénéficie alors d’un projet individualisé d’accompagnement (PIA). 

Ce projet global peut intégrer les dimensions pédagogiques, éducatives et thérapeutiques. 
Ces établissements proposent une prise en charge adaptée par une équipe pluridisciplinaire. 

Les modalités d’accueil peuvent varier : externat, semi-internat, temps partagé avec le milieu ordinaire ou placement familial. 

Préparer les examens de fin de 3e  

En fin de troisième, votre enfant peut demander des aménagements pour passer le diplôme national du brevet (DNB). 

Ces aménagements peuvent aussi concerner d’autres certifications ou attestations préparées au collège : DNB professionnel, certificat de formation générale (CFG), attestation scolaire de sécurité routière (ASSR), PIX ou Evalangue. 

Les aménagements possibles peuvent comprendre par exemple : 

  • un tiers-temps supplémentaire, 
  • une adaptation d’épreuve, 
  • l’aide d’un preneur de notes, 
  • l’assistance de l’AESH, 
  • l’utilisation du matériel ou des logiciels adaptés déjà utilisés pendant la scolarité, 
  • une salle à part pour favoriser la concentration. 

Pour demander ces aménagements, vous devez remplir un dossier. 
Ce dossier est complété par l’avis du médecin scolaire ou d’un médecin désigné par la MDPH. 

Le recteur de l’académie valide ensuite les aménagements. 
Chaque académie publie dès l’automne le calendrier à respecter. 

L’obtention du brevet n’est pas nécessaire pour passer en seconde générale, technologique ou professionnelle, ni pour entrer en certificat d’aptitude professionnelle (CAP). 

–> Toutes les précisions sont à retrouver dans cette circulaire

À qui m’adresser ? 

Plusieurs interlocuteurs peuvent vous aider. 

  • Le chef d’établissement organise l’accueil de votre enfant au collège. 
  • L’équipe éducative analyse les besoins scolaires et propose les adaptations utiles. 
  • L’enseignant référent suit la scolarité des élèves en situation de handicap. 
  • La MDPH étudie les demandes liées au handicap. Elle rédige le PPS et peut notifier une orientation ou des aides. 
  • Le CPE et les AED sont des repères importants dans la vie quotidienne du collège. 
  • L’EMAP peut intervenir sur l’accessibilité pédagogique et le matériel adapté. 
  • Les Emas peuvent appuyer l’analyse des situations dans les établissements scolaires. 
  • Les PIAL renforcés et les PAS coordonnent des actions pour les élèves à besoins éducatifs particuliers. 

Glossaire 

  • AESH : accompagnant d’élèves en situation de handicap. Il aide l’élève dans son quotidien scolaire. 
  • AED : assistant d’éducation. Il accompagne les élèves dans la vie scolaire. 
  • ASSR : attestation scolaire de sécurité routière. 
  • CAP : certificat d’aptitude professionnelle. 
  • CFA : centre de formation d’apprentis. 
  • CPE : conseiller principal d’éducation. 
  • DNB : diplôme national du brevet. 
  • Emas : équipe mobile d’appui à la scolarisation. 
  • EMAP : enseignant missionné pour l’accessibilité pédagogique. 
  • GEVA-Sco : guide d’évaluation des besoins de compensation en matière de scolarisation. 
  • MDPH : maison départementale des personnes handicapées. 
  • PAI : projet d’accueil individualisé. 
  • PAP : plan d’accompagnement personnalisé. 
  • PAS : pôle d’appui à la scolarité. 
  • PIA : projet individualisé d’accompagnement. 
  • PIAL : pôle inclusif d’accompagnement localisé. 
  • PPRE : programme personnalisé de réussite éducative. 
  • PPS : projet personnalisé de scolarisation. 
  • SEGPA : section d’enseignement général et professionnel adapté. 
  • TND : trouble du neurodéveloppement. 
  • Ulis : unité localisée pour l’inclusion scolaire. 

 

À retenir

L’inscription se fait dans le collège de secteur. Vous pouvez demander une dérogation si un autre collège répond mieux aux besoins de votre enfant. 

Le PPS peut prévoir des aménagements pédagogiques, une aide humaine ou du matériel adapté. 

Une visite du collège aide votre enfant à repérer les lieux et les personnes ressources. 

Des dispositifs existent si la classe ordinaire ne suffit pas : Ulis, autorégulation, SEGPA ou établissement médico-social. 

Les aménagements d’examen doivent être demandés à l’avance, selon le calendrier de l’académie. 

Avant la rentrée, contactez le collège pour organiser un rendez-vous et transmettre les documents utiles. 


Partager la page

Ces fiches pratiques qui pourraient vous intéresser

Harcèlement scolaire : comment protéger un enfant avec un trouble du neurodéveloppement

Votre enfant présente un TND et vous vous inquiétez d’une possible situation de harcèlement scolaire ?

  • Sensibilisation

  • Droit

Méthodes d’interventions recommandées chez l’enfant avec un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)

Votre enfant a un TDAH et vous souhaitez savoir quelles méthodes sont réellement recommandées ?

  • TDAH

  • Diagnostic

Les méthodes d’interventions recommandées chez l’enfant autiste

Vous cherchez à comprendre quelles interventions sont recommandées dans l’autisme ?

  • TSA

  • Diagnostic